Seven …

Sept ans ; ça fait sept ans que je suis au Canada. J’ai dû le dire à haute voix tellement j’ai du mal à y croire. Le temps passe à une vitesse incroyable. Ce septième anniversaire en contexte de pandémie a un goût un peu particulier.  Cette année aura été la plus difficile de toute mon immigration. Est-ce dû au fameux cap des sept ans dont on parle souvent ? En tout cas ces « Noces de Laine » avec le Canada auront été l’occasion de faire un petit bilan voilà j’ai utilisé le mot sur mes années d’expatriations et sur ma vie.  Ma perspective globale sur le Canada et sur mon immigration n’a pas vraiment changé. Sept ans plus tard, je cherche encore les joies de l’hiver.

Sur le plan professionnel je maintiens que ça été une réussite. J’ai accompli ici des choses que je n’arrivais pas à faire en France. C’est parfois difficile de travailler en contexte canadien à cause des différences culturelles mais ça reste malgré tout une expérience positive et formatrice.  Avec le temps c’est de moins en moins difficile. Je me sens beaucoup moins à l’étroit ici qu’en France professionnellement parlant. Est-ce que le plafond de verre existe ? Oui il est définitivement présent.

Les choses qui rendent mon expatriation difficile et que j’abordais dans mon dernier billet « bilan » n’ont pas beaucoup évoluées non plus. Le système de santé à Montréal arrive toujours en tête de liste de mes gros point noirs. J’ai un médecin de famille mais l’accès aux soins est un parcours du combattant. Je ne veux même pas aborder les frais qu’il faut parfois allonger quand on doit voir certains spécialistes. Le système de santé bancal est certainement la raison qui me fera quitter la province. Je ne me vois absolument vieillir dans ces conditions.

Le manque des proches et la solitude que ça entraine reste aussi un point important même après 7 ans. Cette année de pandémie aura été particulièrement éprouvante pour moi. Je n’ai pas pu voir mes proches (j’essaie de les voir une fois par an minimum) et même si je comprends le contexte, c’est une expérience qui reste particulièrement éprouvante.  La solitude est une réalité pour beaucoup d’immigrants. Même si on tisse des relations et qu’on se fait un réseau et des amis, ça ne remplace pas les proches. Dans mon cas, le fait que mes parents prennent de l’âge et aient de plus en plus de mal à voyager a été (et reste) source de nombreuses remises en question.

J’ai appris beaucoup de mon immigration et j’apprends encore. Il y a des coutumes et des habitudes locales que j’ai adoptées, d’autres comme la délation avec lesquelles j’ai encore beaucoup de mal. Je pense pouvoir dire que j’ai trouvé un équilibre de vie ici même si tout n’est pas toujours rose.

A part ça la vie ici est tranquille. En sept ans, je n’ai pas vraiment eu de problèmes majeurs liés directement à mon immigration. Il y a eu certes des moments hyper difficiles mais je pense que c’est la vie qui veut ça finalement.

Mes plans pour les sept prochaines années…

En faisant le bilan de mon immigration, j’ai réalisé une chose ; même si je ne me vois pas finir ma vie dans le froid, je ne suis plus sûre a 100% de pouvoir retourner vivre au Togo ou au Sénégal. Ce doute s’est installé lors de ma dernière visite en famille. C’était juste avant la pandémie. En passant du temps avec mes proches et en discutant avec 2 de mes frères qui sont rentrés ces dernières années, j’ai réalisé que je n’étais peut-être pas faite pour la vie de « repat ». Même si la vie ici n’est pas parfaite, il y a beaucoup de chose auxquelles je me suis habituée et que je prends pour acquises. Je ne sais pas si je pourrais (re)vivre dans une société ou la place de la femme est si problématique parfois, ou l’homophobie et la transphobie sont décomplexées pour ne citer que ces points sur la longue liste qui me fait douter. Je ne veux même pas aborder (entre autres) l’ingérence quasi inévitable des proches dans la vie privée.  Je suis encore en plein questionnement mais je dois avouer que revoir mes proches et discuter de certains points a été brutal. Le manque de bienveillance sur certains sujets m’a choquée et m’a fait réaliser que je vis quand même dans une société qui bien qu’imparfaite, aborde ces sujets d’une manière qui me correspond quand même un peu plus. Je suis toujours en pleine réflexion et je finirais très certainement par trancher mais pour le moment je suis calée au Canada.

En conclusion…

J’ai pas mal de projets personnels super excitants ici et j’espère qu’ils vont voir le jour dans un avenir proche. Je réfléchi aussi sérieusement à m’acheter un bien immobilier. Je n’ai jamais voulu / pensé à être propriétaire (j’ai du mal avec l’idée de m’enraciner ainsi) mais je commence à me dire qu’à mon grand-âge qu’il est peut-être temps que j’arrête de payer le crédit des autres d’être locataire. Reste à savoir si je pourrais me permettre d’acheter quelque chose à Montréal parce que les prix sont devenus ridiculement hauts ces dernières années. 

Le Canada m’a beaucoup pris car on ne va pas se mentir, l’immigration c’est pas mal de sacrifices sur le plan personnel. C’est aussi sortir de sa zone de confort tous les jours. Mais ce pays m’a aussi beaucoup apporté. J’y ai (entre autres belles choses) rencontré le magicien celui qui partage à présent ma vie (promis, on en reparle) ; j’y mène une vie calme et sans trop d’encombre.  Même si je ne me vois toujours pas vieillir ici (déneiger à 75 ans c’est chaud sérieux), je n’y suis pas malheureuse bien au contraire. Je suis beaucoup plus épanouie et moins stressée que je ne l’étais en région parisienne et rien que pour ça, ça valait le coup de faire ce grand saut il y a 7 ans…

PS : Je sais que j’ai disparu comme ça, sans prévenir mais j’avais besoin d’une pause pour m’occuper de ma santé et de ma famille. J’en profite d’ailleurs pour dire un grand merci à ceux d’entre vous qui ont pris de mes nouvelles, vous êtes adorables. J’espère sincèrement que vous allez bien. Je suis super contente de vous retrouver ici ! Je vous souhaite un joli mois de Novembre ! 

 

 

Source de l’image ici



Catégories :Les Gaous au Canada

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1 réponse

  1. C’est pas une année facile pour faire un bilan, mais joyeux anniversaire de Canada quand même!

    Beaucoup de gens autour de moi se posent un peu la question du rester ou repartir (à long terme) et personne n’a vraiment la réponse ou une solution parfaite. Le dilemme des immigrés…

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